Madame de Staël
"Actuellement,
le destin des femmes est similaire à celui des affranchis du temps des
empereurs romains: s'ils veulent s'émanciper, ils sont accusés d'aspirer à un
pouvoir qui ne leur est pas accordé, s'ils restent esclaves, oppriment leur
destin"
Ces mots sur la condition de la femme ont été écrits
il y a plus de deux siècles, au début du XIXe siècle, par Madame de Staël, une
noble française qui était une intellectuelle de métier. Pour Stendhal, c’était:
"la femme la plus extraordinaire jamais vue". Vincenzo Monti l'appelait "la femme du siècle". Lord Byron a
écrit à son sujet: "Pensez comme un homme, mais hélas, sentez-vous comme
une femme". Peut-être était-elle simplement une femme moderne: elle
écrivait, voyageait et participait comme protagoniste aux batailles politiques
et culturelles de son époque, il faut dire qu’elle est considérée l’nitiatrice,
avec son amie Chateaubriand, du romantisme en France. Elle est devenue célèbre
grâce à ses œuvres littéraires et à son opposition à Napoléon 1er.
L'écrivain n'aimait pas les "femmes qui veulent être des hommes" et
ne pouvait supporter la "métaphysique des sentiments et le désordre de
l'esprit".
Son activité inépuisable, son exil forcé à travers l’Europe des nations qu’elle aimait, ses amours tourmentées en font un personnage hors du commun sur la scène culturelle européenne du tournant des XVIIIe et XIXe siècles.
Son activité inépuisable, son exil forcé à travers l’Europe des nations qu’elle aimait, ses amours tourmentées en font un personnage hors du commun sur la scène culturelle européenne du tournant des XVIIIe et XIXe siècles.
Née à Paris sous le nom de Anne-Louise Germaine
Necker, fille du banquier et ministre des Finances de Louis XVI, elle est
admise comme enfant dans le salon littéraire créé par sa mère, dans lequel elle
rencontre Rousseau, Diderot, Montesquieu et Condorcet. En 1786,
épouse le baron de Staël-Holstein.
Dans la maison de son mari, Mme de Staël de vie à un nouveau
cercle intellectuel et culturel où, grâce à son éducation éclairée, elle se sent libre de commencer à manifester un intérêt certain pour la cause de la Révolution. Son soutien est toutefois tempéré par le désir de parvenir à un modèle anglais, c’est-à-dire une monarchie constitutionnelle.
cercle intellectuel et culturel où, grâce à son éducation éclairée, elle se sent libre de commencer à manifester un intérêt certain pour la cause de la Révolution. Son soutien est toutefois tempéré par le désir de parvenir à un modèle anglais, c’est-à-dire une monarchie constitutionnelle.
En 1797, elle commença à travailler à un écrit qui invoque la sortie de l'état révolutionnaire et le début d'une vraie République, mais qui
reste inachevée.
En
1799 Napoléon 1er est arrivé au pouvoir avec un coup d'État.
Si, au début, elle tâche de donner crédit à la compagnie du jeune général , après quelques mois, elle est forcée à changer idée:
Napoléon semble trop éloigné de ses positions,
fondées sur la liberté de pensée, la tolérance religieuse et le cosmopolitisme.
Avec l'essai
Della letteratura (considéré dans ses relations avec les institutions sociales)
et avec Delphine, un roman épistolaire qui utilise l'amour comme excuse pour
parler de l'actualité et de la liberté, Bonaparte devient un ennemi qui
l'expulse de Paris
"Madame, je n'aime pas que les femmes s'occupent
de politique."
"Vous avez raison, général,mais dans un pays
où vous avez tué la tête des femmes, il est naturel qu'elle veuillent savoir pourquoi."
- Dialogue entre le jeune général Napoléon Bonaparte et la veuve de Condorcet, raconté par Madame de Staël dans son livre Dix ans d'exil.
Madame de Staël n'est pas une femme à laisser
les mains dans les mains: elle
exploite sa période d'exil pour tisser de nouvelles relations intellectuelles,
créer le cercle de Coppet et surtout voyager. Après un moment elle entreprende un voyage en Allemagne oùoù elle rencontre Goethe, Schiller, Fichte et Schlegel.
C'est
l'occasion où elle découvre le romantisme allemand et elle est fascinée avant tout par
l'empreinte nationaliste.
Période en Italie
En
1805, elle décide de descendre en Italie et touche Milan (où elle rencontre Vincenzo Monti, et Piero Verri), mais aussi Parme, Bologne, Rome, Naples et Florence.
De sa période en Italie elle publie Corinne,
le roman de 1807 dans lequel elle exalte une Italie libre et pré-napoléonienne,
en se jetant contre le nouveau code civil napoléonien proclamant la supériorité
du mari sur son épouse.
En 1810, Madame de Staël avec son ouvrage De l'Allemagne présente aux Français
la culture allemande et le romantisme, leur demandant de s'ouvrir et de
s'ouvrir à l'innovation.
Avec la
mort de Napoléon, elle peut retourner dans son pays natal, où elle poursuite son
activité d'intellectuel et de promulgatrice d'un dialogue européen.
Madame de Staël sait qu'elle vit dans une position
privilégiée par rapport à beaucoup de femmes et beaucoup d'hommes de son temps. Elle n’est soumise à personne, mais c’est le point de rencontre de toute l’Europe.
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